Articles avec le tag ‘Château de Versailles’

3ème jour de montage

Mercredi 2 septembre 2009

Arrivée à 8h30 sur site.

Livraison de la cabine du Carrosse.

Demain, livraison des chevaux et de l’attelage.

Aujourd’hui j’ai un peu mieux fait connaissance de l’équipe technique.

J’ai aussi fait la plus ample connaissance de l’un des deux chefs jardinier du Château. Il m’a un peu raconté l’histoire de la passion de Louis XIV pour les oranges.

J’aime bien rencontrer des gens comme ça, qui te racontent leur quotidien, quand leur quotidien étant, entre autres aussi celui de perpétuer une tradition qui existe depuis 1686. Je raconterai plus tard comme beaucoup d’autres choses d’ailleurs.

Je m’entends toujours bien avec l’équipe technique.

Ils sont pro, efficaces, concentrés, drôles et avenants.

Sur un plateau de cinéma, c’est la même chose. Et c’est presque tout ce que je préfère (en plus d’aller chez les fondeurs avec des artistes qui sont contemporains)

Ce sont les dernières mains de l’exposition, ceux qui la monte. Sans qui tous les ratés et imprévus de dernières minutes pourraient transformer une joyeuse industrie et un magnifique projet en un vrai problème de boulons.

Montage des Architectes

Architectes de dos :

Premier plan : Anne Lacaton et Jean-Philippe Vassal

Deuxième plan : Jean Nouvel

Montage des Architectes

Socle Claude Parent

Montage des Architectes

Mise sur son socle de Richard Rogers

Montage des Architectes

Resserrage de boulons

Arrivée de la cabine du Carrosse

Pose au sol du Carrosse

Arrivée de la cabine du Carrosse

Arrivée de la cabine du Carrosse

Arrivée de la cabine du Carrosse

Arrivée de la cabine du Carrosse

Xavier Veilhan découvrant le Carrosse sur le site

2ème jour de montage

Mardi 1 septembre 2009

Je suis arrivée au Château ce matin à 7h30.

Je ne ferai pas de commentaires sur le soleil qui se lève derrière celui-ci.
Ni sur les pierres qui parlent.

Ni sur la magie du matin silencieux et vide de gens (parce que ce n’est pas très original)

La sculpture de Jean Nouvel était installée.

Mais pas celle de Anne Lacaton.

J’ai assisté à la mise en place de celle-ci.

Mais finalement elle a été reposée au sol.

Parce que ce n’étaient pas les bons boulons pour la fixer sur le socle.

Alors j’ai fait un tour.

Puis il a plu.

Alors je suis partie.

Sculpture de Jean-Philippe Vassal, encore emballée

Sculpture de Jean-Philippe Vassal, encore emballée

Sculpture de Jean Nouvel

Sculpture de Jean Nouvel

Un socle prêt à être installé. À l’arrière-plan, des barrières bleues indiquant l’emplacement des autres sculptures d’architectes.

Un socle prêt à être installé. À l’arrière-plan, des barrières bleues indiquant l’emplacement des autres sculptures d’architectes.

Pose de la sculpture Anne Lacaton

Pose de la sculpture Anne Lacaton

1er jour de montage

Lundi 31 août 2009

Les Architectes

Le mot « Versailles » à lui tout seul pose déjà le concept de la somptuosité.

« Versailles » et ça brille.

De mille feux.

À chacune de mes visites, c’est comme si c’était la première fois que je découvrais ce truc incroyable qu’est le Château de Versailles.

Quand je pense que tout ça a été construit, en plus, pour un seul homme. Je ne me lasse pas.

Et toute cette Cour qui danse dans des amphithéâtres de fontaines. Fontaines sur lesquelles jouaient les musiciens.

Et la Cour qui danse. La nuit. Sûrement. Au milieu des bosquets.

Cachés.

C’est-à-dire que j’étais partie à la recherche de l’Orangerie dans laquelle les sculptures des Architectes sont entreposées. Et malgré plusieurs visites, je me perds toujours un peu quand même au milieu des dédales et escaliers en tout genre.

Mais j’ai finalement trouvé la petite porte insérée dans la grande, le jardinier qui avait la clé et découvert un autre endroit que je n’avais encore jamais vu…

Et de nouveau, me voilà épatée et émerveillée.

Et les Architectes, emballés, embullés, posés sur le sol.

Avec leurs socles, à côté.

L’Orangerie. La petite porte dans la grande porte

L’Orangerie. La petite porte dans la grande porte.

L’Orangerie. Les socles des sculptures des Architectes.

L’Orangerie. Les socles des sculptures des Architectes.

L’Orangerie. Les Architectes, entreposés. En attendant d’être installés.

L’Orangerie. Les Architectes, entreposés. En attendant d’être installés.

En premier lieu, on quadrille le plan d’eau dans lequel deux des Architectes vont être exposés.

Puis on installe les socles. Ensuite on fixe les sculptures.

L’arrivée du socle

L’arrivée du socle

Le levage du socle

Le levage du socle

La pose du socle dans l’eau

La pose du socle dans l’eau

La Light Machine

C’est le 12 mars 2009 qu’a été décidé de l’emplacement définitif de cette œuvre.

Et le film qui y sera diffusé a été tourné le 6 juillet.

Xavier et une autre personne ont donc nagé dans les bassins du Château.

Une prochaine fois, je vous montrerai les photos de ces moments uniques.

Pour l’instant, il s’agit de l’installation de la Light Machine dans le Château.

Les premiers réglages.

L’allumage.

Et le relampage.

Light Machine

Light Machine

Light Machine

Light Machine

Light Machine, éteinte

Light Machine, éteinte

La Lune

Sur le Tapis Vert, une Lune.

En anamorphose.

On a quadrillé et mis en place des cordes.

Les sphères vont être posées sur des tiges.

Puis elles seront installées sur le site.

Pour l’instant, voilà où ça en est :

Chantier de l’installation de La Lune

Chantier de l’installation de La Lune

Chantier de La Lune

Chantier de La Lune

Le Carrosse

Le 11 février 2009, on avait mesuré des pavés.

Aujourd’hui, on a enlevé des pavés.

Ces pavés ont été numérotés, notés, fichés. Afin de bien les replacer au même endroit.

Car la cour et les pavés sont classés.

Emplacement du Carrosse, vue du Château

Emplacement du Carrosse, vue du Château

Pour l’instant c’est un peu impressionnant, mais très vite le Carrosse prendra place ici.

Pour l’instant c’est un peu impressionnant, mais très vite le Carrosse prendra place ici.

Pour l’instant c’est un peu impressionnant, mais très vite le Carrosse prendra place ici.

Emplacement du Carrosse. Vue de l’entrée de la cour.

Emplacement du Carrosse. Vue de l’entrée de la cour.

Emplacement du Carrosse. Vue de l’entrée de la cour.

Le Jet d’eau

Voici la première image du futur jet d’eau.

J’y reviendrai, plus tard.

Le Jet d'eau

Le Jet d’eau

Le Gisant, Youri Gagarine

Vendredi 21 août 2009

« Toutes les grandes conquêtes ont leurs héros. Dans ce panthéon populaire, Youri Gagarine est en bonne place, réalisant le fantasme moderniste d’être le premier homme envoyé dans l’espace et le premier à avoir vu la terre comme un objet. Il est cependant retombé sur terre, entre gisant et homme déchu, figure dérisoire construite par la technologie et les fantasmes.

Il repose à même le sol. Reprenant le motif du gisant, « état ultime de la statuaire », Xavier Veilhan joue une nouvelle fois des rapports d’échelle avec un Gagarine-colosse de plus de quatre mètres de long. La célébration du symbole universel du progrès, de la conquête de l’univers et de la connaissance a laissé quelques particules élémentaires de son être s’échapper. Astrophysique et dévotion aux reliques composent ainsi la nouvelle incarnation concrète de l’astronaute, ce nouvel homme moderne qui symbolise toujours autant l’espoir et le progrès. Un écho à la conquête de Louis XIV ».

© texte de Bénédicte Ramade

photo-xavier-veilhan-a-versailles-09

Vincent, infographiste, travaille le fichier numérique du Gisant

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Xavier Veilhan et la maquette du Gisant

La production

Mardi 18 août 2009

Et j’entends ceux qui se demandent ce que ça veut dire « produire une œuvre ».

Pour avoir fait de la production moi-même, je peux vous dire qu’entre le moment où Xavier Veilhan dessine son idée dans son carnet et le moment où Xavier Veilhan met son costume le soir du vernissage, il y a tout un tas d’étapes pas franchement rigolotes à franchir.

Je ne suis pas calibrée pour vous raconter là ici maintenant le comment ça marche d’une œuvre d’art mais sachez que l’image d’Epinal de l’artiste maudit dans son atelier qui burine est restée dans les Vosges (à Epinal quoi).

Aujourd’hui, l’artiste, Xavier en l’occurrence, travaille avec plein de gens.

Pour Versailles, une centaine de protagonistes a été nécessaire. La plupart a déjà travaillé avec Xavier sur d’autres projets.

En gros, la production consiste à trouver et remuer ciel et terre pour que d’une idée, une œuvre d’art, au final, se trouve dans l’exposition que vous êtes en train de regarder.

De rien, il faut qu’elle existe.

Alors il y a le côté production exécutive et le côté production va trouver de l’argent s’il te plaît.

La production exécutive gère l’argent trouvé au préalable. Et sur cette exposition, trouver l’argent au préalable n’a pas été de tout repos. Pendant ce temps qui passe, les œuvres ne se fabriquent pas. Ça prend du retard, tout le monde est stressé, moi je ne peux pas prendre les œuvres en photo puisqu’elles n’existent pas, ça dure des mois et des mois et on se demande comment on va faire.

Puis un jour, ça se débloque, ça se produit, ça se fait, ça se construit.

Et c’est tout au long de ce blog, que je vais vous raconter, donc, comment on produit une œuvre.

Dans les deux sens du terme : avoir l’argent pour la fabriquer et comment on fabrique une œuvre de Xavier Veilhan.

Extrait du carnet de croquis de Xavier Veilhan

Extrait du carnet de croquis de Xavier Veilhan

La difficulté de produire une œuvre

Samedi 15 août 2009

Quand tout à coup tu traverses la Galerie des Glaces, la chambre du Roi, celle de la Reine, tu longes le bassin de Neptune, tu glisses derrière des portes fermées au public et tu découvres des sculptures aux mille et une dentelles sous les capes des vieux Rois.
Et tout ça dans l’indifférence la plus totale des protagonistes.
Je trouve ça pas croyable moi.
Versailles, oui oh.
Ben quand même (…)
Versailles quoi.
Oui mais tu sais quand tu traverses cette Galerie des Glaces, certes, pour la vingtième fois, finalement, très vite, tu t’habitues.
Ah.
Versailles où l’art de trouver de l’argent.
Xavier me disait l’autre jour que pendant des mois, il n’a plus que parlé d’argent, tout le temps. Il se demandait si les autres artistes parlaient autant d’argent. Ce n’est pas son genre de s’intéresser à ce genre de choses.
Mais à un moment donné, si tu veux produire ce que tu as décidé de produire, sans argent ou si peu, il faut donc aller le chercher.

photo-xavier-veilhan-a-versailles-07

Renaud, producteur de l’exposition

Flashback « la Femme Nue »

Jeudi 13 août 2009

Repérage de « la femme nue », le 12 mars 2009

La Femme Nue :

« Empruntant à ce grand classique de la statuaire et de l’Histoire de l’Art, Xavier Veilhan livre ici une version du nu féminin carrossé de métal rutilant. En jouant sur les ruptures d’échelles – celle du domestique dans le cadre surhumain de la cour, du socle surdimensionné en regard de la taille de la statue – l’artiste explore ses marottes. Le monument est-il forcément monumental ? Ici, comme un nouveau mètre-étalon, la figure féminine régule l’équilibre de la cour. Son échelle dérisoire par rapport à l’affirmation de puissance de l’ensemble architectural fonctionne comme une remise à niveau : la femme, dans sa nudité ingénue, régule l’univers de Versailles. Actuelle, délicate mais immuable et impérieuse. »

© texte de Bénédicte Ramade

Repérage de « la Femme Nue »

La photo a été prise le 11 février 2009 au Château de Versailles sur le futur emplacement de l’œuvre. Xavier Veilhan veut ici figurer la taille de cette Femme Nue et son intégration sur le site.

Présents sur la photo, de gauche à droite : Alexis Bertrand, scénographe et collaborateur artistique ; Laurent Brunner, Directeur, CVS (Château de Versailles Spectacles) ; Xavier Veilhan ; Renaud, producteur de l’exposition ; Laurent Lebon, commissaire de l’exposition


Et quelques mois plus tard…

Détail de la Femme Nue

Détail de La Femme Nue, chez le fondeur, en juin 2009

Flashback

Jeudi 6 août 2009

De temps en temps, je mettrai en ligne un texte écrit souvent quelques mois auparavant.

Un texte écrit le jour où s’est passée l’action. Comme ici, le mercredi 11 février 2009 :

Repérages

Ce matin, j’étais à 9h au château.

Je ne saurai trop raconter ici mon suprême plaisir assez évident de travailler dans des endroits magnifiques.

Je crois qu’à cause du fait que mon école, collège, lycée étaient plutôt laids, je fus très vite assez enjouée à l’idée de me fixer comme but ultime de ne toujours, ensuite, étudier ou travailler exclusivement dans des endroits particuliers.

Je ne ferai donc pas la liste des lieux que j’ai côtoyé, mais je crois que le château de Versailles est quand même par excellence un des lieux les plus… il n’y a pas de mots.

Bref.

Ce matin, on a mesuré les pavés et traversé la Galerie des Glaces.

Sous un soleil à la hauteur du Roi.

J’ai vu le lit de la Reine.

Ce lit, il a vu naître 19 enfants.

Et t’es là, avec tous les japonais et les chinois et les touristes en général qui se pressent devant le lit qui a connu tout ça.

Plus personne qui regarde la finesse de la dentelle des dessous de la statue d’Hugues Capet ou de Mansart.

On a mesuré les pavés pour définir où allait précisément être posé Le Carrosse.

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Beaucoup d’intervenants travaillent sur cette exposition.

Présents sur la photo, de dos, de gauche à droite :

Catherine, CVS (Château de Versailles Spectacles) ; Renaud, producteur de l’exposition ; Yves, designer ; Alexis Bertrand, scénographe et collaborateur artistique ; Tamara, directrice de production ; Elodie, CVS (Château de Versailles Spectacles)

Ce blog

Lundi 3 août 2009

Parce que j’ai une habitude assez intense du blog, je vais tâcher de faire des articles courts. Parce que je sais combien c’est énervant pour le lecteur de lire des articles de douze pages. D’autant que moi, quand j’écris un truc, je raconte toute l’histoire du truc, et ça peut remonter jusqu’aux Egyptiens.

Lorsque j’ai commencé ce travail, les œuvres n’existaient pas. À part des maquettes.

Je vais raconter ici le déroulé de la préparation de cette exposition tel que je l’ai suivi au jour le jour pendant neuf mois. Sauf que je ne vais pas refaire le même déroulé, sinon, on ne s’en sortira pas.

Je veux raconter l’histoire d’un artiste au travail, d’un atelier qui pense, d’un château de Versailles qui frémit, d’une œuvre d’art qui sort de la tête, qui entre dans une usine. Des artisans, des ouvriers, des techniciens, des ingénieurs qui en prennent possession, qui se l’approprient, qui la fabriquent, de moi qui regarde tout ça, qui écoute parler, qui est la petite souris dans le « en train de se faire », et qui adore ça.

photo-xavier-veilhan-a-versailles-02

Maquettes du Carrosse , du Gisant et de L’allée des architectes
Photo prise le 11 février 2009 dans l’atelier de Xavier Veilhan