Archive pour la catégorie ‘Xavier Veilhan’

Visite chez le peintre

Mercredi 26 août 2009

Aujourd’hui je suis allée dans le bas Berry.

On ne le sait que trop rarement mais le bas Berry est une très jolie région à seulement 1h30 de Paris (en train).

La peinture des sculptures des Architectes vient d’être posée.

Ces œuvres-là sont donc terminées.

J’ai également vu les premières sphères du Mobile.

J’aime beaucoup visiter ces usines. J’adore parler avec ceux qui font ce travail hautement technique.

Je ne comprends rien à ce qu’ils m’expliquent mais j’apprends un tas de choses. Par exemple, aujourd’hui, j’ai appris comment on faisait une sphère de Mobile de moins de 2kg. Eh bien, ce n’est pas si simple que ça.

Il faut d’abord poser le gel « kotte ». Qui s’écrit en fait « coat ».

« C.O.A.T

- Ah, comme « manteau » ?

- Ah ben oui peut-être, si tu le dis. »

« Le gel coat (prononcer Kotte) est donc la première couche que l’on dépose dans le moule. C’est donc le gel de surface. Parce que si tu travailles directement sans ce gel, tu as des risques de rayures »

Et à l’intérieur, il y a de la résine avec un truc de verre (ça c’est moi qui parle), c’est cette résine qui donne l’armature et la rigidité.

Le pot de gel coat sent très mauvais. C’est le métacilate qui donne cette horrible odeur. C’est une colle le métacilate. Quand je vais dans le bas Berry, j’apprends donc tout un tas de nouveaux mots que j’essaierai de replacer à la première occasion.

Les sculptures des Architectes sont donc en aluminium peint. Elles sont bleues marine. Il faudra ensuite les fixer sur leur socle.

Les sphères du Mobile seront violettes. Et sont donc en résine. Elles pèsent moins de 2kg.

Le Mobile et les Architectes

Le Mobile et les Architectes

Une sphère du Module

Une sphère du Module

Les Architectes

Les Architectes

Une des statues des Architectes

Une des statues des Architectes

Flashback « visite à la fonderie »

Dimanche 23 août 2009

Voici ma visite à la fonderie, le 21 juillet 2009 :

La fonderie

Ce matin, à la radio, des auditeurs appelaient pour témoigner d’un phénomène étrange que plusieurs ont observés ce matin, très tôt.

Dans le ciel.

Ils s’accordaient tous pour dire qu’ils avaient vu un gros truc orange qui allait dans une direction puis qui a stoppé net et qui a changé aussi radicalement de sens. Et qui a disparu dans une fumée bleue ou verte je ne sais plus trop.

Un monsieur qui pêche en Corse, une dame avec un accent du Sud, ils avaient vu exactement la même chose, au même moment, dans le même ciel. Gros comme deux avions à peu près.

C’est en pensant à la fin du Monde, à l’arrivée des extra-terrestres, à la guerre des Mondes et autres impossibilités de vacances (à cause de la guerre des Mondes trop proche), que je me suis rendue chez le fondeur.

Pour une coulée qui n’a pas eu lieu à l’heure prévue.

Ce n’est pas grave. J’ai photographié un homme en train de démouler une jambe du Gisant.

La sculpture de l’Architecte Claude Parent était posée là, et elle semblait être incarnée.

Le casque du Gisant était posé à côté de la sculpture, en attente.

Quand tout à coup, également, je suis tombée nez à nez avec la tête du Gisant posée sur une table.

J’ai laissé chacun à sa tâche.

Puis je suis partie.

En arrivant chez moi, ni France Info, ni l’AFP ne faisait état de ce truc orange dans le ciel de très tôt ce matin. J’en ai conclu à un canular pour cause des 40 ans du premier homme sur la Lune, qu’on fêtait cette nuit. Je n’ai pas trouvé ça très drôle.

J’ai juste pensé à Youri Gagarine et à l’œuvre de Xavier.

Démoulage de la jambe du Gisant à la fonderie

Démoulage de la jambe du Gisant à la fonderie

Le moulage du visage du Gisant, avant moulage

Le moulage du visage du Gisant, avant moulage

Le Gisant, Youri Gagarine

Vendredi 21 août 2009

« Toutes les grandes conquêtes ont leurs héros. Dans ce panthéon populaire, Youri Gagarine est en bonne place, réalisant le fantasme moderniste d’être le premier homme envoyé dans l’espace et le premier à avoir vu la terre comme un objet. Il est cependant retombé sur terre, entre gisant et homme déchu, figure dérisoire construite par la technologie et les fantasmes.

Il repose à même le sol. Reprenant le motif du gisant, « état ultime de la statuaire », Xavier Veilhan joue une nouvelle fois des rapports d’échelle avec un Gagarine-colosse de plus de quatre mètres de long. La célébration du symbole universel du progrès, de la conquête de l’univers et de la connaissance a laissé quelques particules élémentaires de son être s’échapper. Astrophysique et dévotion aux reliques composent ainsi la nouvelle incarnation concrète de l’astronaute, ce nouvel homme moderne qui symbolise toujours autant l’espoir et le progrès. Un écho à la conquête de Louis XIV ».

© texte de Bénédicte Ramade

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Vincent, infographiste, travaille le fichier numérique du Gisant

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Xavier Veilhan et la maquette du Gisant

La production

Mardi 18 août 2009

Et j’entends ceux qui se demandent ce que ça veut dire « produire une œuvre ».

Pour avoir fait de la production moi-même, je peux vous dire qu’entre le moment où Xavier Veilhan dessine son idée dans son carnet et le moment où Xavier Veilhan met son costume le soir du vernissage, il y a tout un tas d’étapes pas franchement rigolotes à franchir.

Je ne suis pas calibrée pour vous raconter là ici maintenant le comment ça marche d’une œuvre d’art mais sachez que l’image d’Epinal de l’artiste maudit dans son atelier qui burine est restée dans les Vosges (à Epinal quoi).

Aujourd’hui, l’artiste, Xavier en l’occurrence, travaille avec plein de gens.

Pour Versailles, une centaine de protagonistes a été nécessaire. La plupart a déjà travaillé avec Xavier sur d’autres projets.

En gros, la production consiste à trouver et remuer ciel et terre pour que d’une idée, une œuvre d’art, au final, se trouve dans l’exposition que vous êtes en train de regarder.

De rien, il faut qu’elle existe.

Alors il y a le côté production exécutive et le côté production va trouver de l’argent s’il te plaît.

La production exécutive gère l’argent trouvé au préalable. Et sur cette exposition, trouver l’argent au préalable n’a pas été de tout repos. Pendant ce temps qui passe, les œuvres ne se fabriquent pas. Ça prend du retard, tout le monde est stressé, moi je ne peux pas prendre les œuvres en photo puisqu’elles n’existent pas, ça dure des mois et des mois et on se demande comment on va faire.

Puis un jour, ça se débloque, ça se produit, ça se fait, ça se construit.

Et c’est tout au long de ce blog, que je vais vous raconter, donc, comment on produit une œuvre.

Dans les deux sens du terme : avoir l’argent pour la fabriquer et comment on fabrique une œuvre de Xavier Veilhan.

Extrait du carnet de croquis de Xavier Veilhan

Extrait du carnet de croquis de Xavier Veilhan

Flashback « la Femme Nue »

Jeudi 13 août 2009

Repérage de « la femme nue », le 12 mars 2009

La Femme Nue :

« Empruntant à ce grand classique de la statuaire et de l’Histoire de l’Art, Xavier Veilhan livre ici une version du nu féminin carrossé de métal rutilant. En jouant sur les ruptures d’échelles – celle du domestique dans le cadre surhumain de la cour, du socle surdimensionné en regard de la taille de la statue – l’artiste explore ses marottes. Le monument est-il forcément monumental ? Ici, comme un nouveau mètre-étalon, la figure féminine régule l’équilibre de la cour. Son échelle dérisoire par rapport à l’affirmation de puissance de l’ensemble architectural fonctionne comme une remise à niveau : la femme, dans sa nudité ingénue, régule l’univers de Versailles. Actuelle, délicate mais immuable et impérieuse. »

© texte de Bénédicte Ramade

Repérage de « la Femme Nue »

La photo a été prise le 11 février 2009 au Château de Versailles sur le futur emplacement de l’œuvre. Xavier Veilhan veut ici figurer la taille de cette Femme Nue et son intégration sur le site.

Présents sur la photo, de gauche à droite : Alexis Bertrand, scénographe et collaborateur artistique ; Laurent Brunner, Directeur, CVS (Château de Versailles Spectacles) ; Xavier Veilhan ; Renaud, producteur de l’exposition ; Laurent Lebon, commissaire de l’exposition


Et quelques mois plus tard…

Détail de la Femme Nue

Détail de La Femme Nue, chez le fondeur, en juin 2009

Rencontre avec Xavier Veilhan

Lundi 10 août 2009

Je connais le travail de Xavier Veilhan depuis 1996, depuis l’exposition « Traffic » au CAPC Musée d’Art Contemporain de Bordeaux. À l’époque, j’avais 20 ans, j’étais aux Beaux-Arts, je découvrais la vie et l’art contemporain. Je découvrais aussi cette cheminée autour de laquelle je me suis installée un bon paquet de fois. Le CAPC étant à l’époque mon lieu de travail, d’étude, de promenade, mon salon.

Je ne connaissais donc pas Xavier Veilhan, en dehors de sa cheminée.

Puis j’ai vu pour la première fois en vrai ses pingouins à l’exposition « Le temps, vite » pour la réouverture du Centre Pompidou, en janvier 2000. Ça fait quand même neuf ans, cette histoire… J’avais d’ailleurs travaillé à cette réouverture, à l’accrochage d’une œuvre récemment acquise par le centre, je me souviens des tous derniers jours de 1999, de la tempête, de mon installation à Paris.
Les Warhols posés par terre, recouverts de papier bulle. Et mon papier peint de Buren dédicacé par Mike Kelley et Tony Oursler.
Je me souviens de la fermeture du centre, trois ans qui me paraissaient une éternité, moi qui allais à Beaubourg depuis toujours.
Jean-Jacques Aillagon était alors président du Centre. Il est aujourd’hui Président du Château de Versailles.

C’est en descendant de l’avion qui me ramenait des Saintes, mes premières vacances depuis des années, que je fus appelée sur mon portable pour venir aider un ami sur le tournage d’un film. Je suis alors allée sur le tournage avec mes valises et mon bronzage par ce froid matin du mois de décembre 2002 (j’ai la notion des dates, il faut le savoir). Je me suis retrouvée à me les geler dans ce lieu fermé à l’époque devenu aujourd’hui la cinémathèque Française, sur le tournage de Drumball.

J’étais presque super impressionnée au café quand j’ai parlé à Xavier pour la première fois de ma vie je crois.
Et je lui ai dit que j’aimais beaucoup ses pingouins.

Aujourd’hui, le 10 août 2009, Xavier Veilhan que j’appelle Xavier depuis longtemps parce que c’est un peu long sinon, va installer son exposition au Château de Versailles.

En avril 2008, j’étais allée voir Xavier pour lui dire qu’en fait, j’écris et je fais de la photo depuis toutes ces années de pingouins. Je lui ai alors parlé de mon projet de raconter la petite histoire d’une œuvre, d’une exposition, d’un film, bref, la petite histoire de celle que le public découvre le jour du vernissage, le jour de la sortie en salle.

Le 15 décembre 2008, il a dit banco pour Versailles. Le 9 janvier 2009, c’est Versailles qui a donné son accord pour que je sois présente à toutes les réunions, repérages etc.

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Xavier Veilhan dans l’usine qui fabrique Le Carrosse.

Détail d’un cheval du Carrosse. Non peint, en cours.

Flashback

Jeudi 6 août 2009

De temps en temps, je mettrai en ligne un texte écrit souvent quelques mois auparavant.

Un texte écrit le jour où s’est passée l’action. Comme ici, le mercredi 11 février 2009 :

Repérages

Ce matin, j’étais à 9h au château.

Je ne saurai trop raconter ici mon suprême plaisir assez évident de travailler dans des endroits magnifiques.

Je crois qu’à cause du fait que mon école, collège, lycée étaient plutôt laids, je fus très vite assez enjouée à l’idée de me fixer comme but ultime de ne toujours, ensuite, étudier ou travailler exclusivement dans des endroits particuliers.

Je ne ferai donc pas la liste des lieux que j’ai côtoyé, mais je crois que le château de Versailles est quand même par excellence un des lieux les plus… il n’y a pas de mots.

Bref.

Ce matin, on a mesuré les pavés et traversé la Galerie des Glaces.

Sous un soleil à la hauteur du Roi.

J’ai vu le lit de la Reine.

Ce lit, il a vu naître 19 enfants.

Et t’es là, avec tous les japonais et les chinois et les touristes en général qui se pressent devant le lit qui a connu tout ça.

Plus personne qui regarde la finesse de la dentelle des dessous de la statue d’Hugues Capet ou de Mansart.

On a mesuré les pavés pour définir où allait précisément être posé Le Carrosse.

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Beaucoup d’intervenants travaillent sur cette exposition.

Présents sur la photo, de dos, de gauche à droite :

Catherine, CVS (Château de Versailles Spectacles) ; Renaud, producteur de l’exposition ; Yves, designer ; Alexis Bertrand, scénographe et collaborateur artistique ; Tamara, directrice de production ; Elodie, CVS (Château de Versailles Spectacles)

Ce blog

Lundi 3 août 2009

Parce que j’ai une habitude assez intense du blog, je vais tâcher de faire des articles courts. Parce que je sais combien c’est énervant pour le lecteur de lire des articles de douze pages. D’autant que moi, quand j’écris un truc, je raconte toute l’histoire du truc, et ça peut remonter jusqu’aux Egyptiens.

Lorsque j’ai commencé ce travail, les œuvres n’existaient pas. À part des maquettes.

Je vais raconter ici le déroulé de la préparation de cette exposition tel que je l’ai suivi au jour le jour pendant neuf mois. Sauf que je ne vais pas refaire le même déroulé, sinon, on ne s’en sortira pas.

Je veux raconter l’histoire d’un artiste au travail, d’un atelier qui pense, d’un château de Versailles qui frémit, d’une œuvre d’art qui sort de la tête, qui entre dans une usine. Des artisans, des ouvriers, des techniciens, des ingénieurs qui en prennent possession, qui se l’approprient, qui la fabriquent, de moi qui regarde tout ça, qui écoute parler, qui est la petite souris dans le « en train de se faire », et qui adore ça.

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Maquettes du Carrosse , du Gisant et de L’allée des architectes
Photo prise le 11 février 2009 dans l’atelier de Xavier Veilhan

Xavier Veilhan à Versailles

Samedi 1 août 2009

Je raconte la petite histoire de la préparation de l’exposition de Xavier Veilhan au château de Versailles.

Je connais bien l’art contemporain et la relation qu’entretient l’art avec le public. Xavier Veilhan est le premier artiste que je rencontre qui s’intéresse vraiment à ce lien.

C’est aussi pour ça, la raison de ce blog.

Je ne suis pas journaliste. Je n’écris pas pour informer. Je raconte les histoires que je prends le temps de regarder. Et ici, c’est à vous que je la raconte, cette petite histoire.

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