Archive pour la catégorie ‘Flashbacks’

Un ou deux souvenirs

Vendredi 6 novembre 2009

Je devais avoir 12 ou 13 ans.

J’étais au collège, sûrement en cinquième. On étudiait un texte en cours de Français. Qui parlait d’un bâtiment dans le Sud de la France construit pas un architecte. C’est à ce moment-là que j’ai appris que le nom de l’architecte pouvait être plus important que le bâtiment lui-même.

Je me souviens que je trouvais le nom de cet architecte assez original, il signifiait quelque chose de je ne sais quoi qui m’avait marqué à l’époque.

La première fois que j’ai vu le Centre Pompidou, j’avais 6 ans. J’étais allée à Paris toute seule en avion pour voir ma sœur qui ne vivait pas encore à New-York.

Elle m’avait offert une souris verte en gomme et nous étions allées au Quick, en face de Beaubourg.

Quand nous sommes arrivées devant le Centre, j’avais été super impressionnée. Et tellement contente : enfin un manège à la hauteur de mes attentes. C’est-à-dire que les gros tubes là, qui couraient partout, j’étais persuadée qu’il s’agissaient d’immenses toboggans remplis d’eau et que j’allais m’éclater à dévaler ces monumentales descentes. Du haut de mon mètre dix.

J’ai vite été déçue quand elle m’a expliqué que non, qu’il s’agissait d’un musée, d’une bibliothèque et de trucs vraiment pas rigolos.

Le souvenir de Beaubourg m’est réapparu hier, au moment où je prenais Renzo Piano en photo.

Je ne suis pas impressionnée par les grands architectes. Je suis néanmoins anéantie par l’émotion quand je croise Nan Goldin ou d’autres artistes plasticiens de l’avant-garde contemporaine mais les architectes, ça va, je gère beaucoup mieux.

Hier j’ai pris aussi Jean Nouvel en photos. C’est là que j’ai ressenti un truc étrange. Au moment où je plongeai mon regard dans le sien à travers mon objectif. J’ai ressenti ce truc étrange quand le lointain souvenir de ce texte étudié il y a vingt ans est remonté à la surface. Et que le lien entre le passé d’un texte et le maintenant devant moi fut activé.

Je n’ai pas encore regardé mes photos.

Je n’ose jamais regarder mes photos quand la journée a été riche en moments.

Et hier, Renzo Piano parlait des premiers moments de la photo, quand l’homme avait peur qu’on lui vole son âme. Alors, lorsque les équipes de Xavier l’ont scanné, je crois que l’histoire s’est un peu répétée.
Avec une touche de modernité en plus.

Séance de scan de Renzo Piano à l’atelier de Xavier Veilhan

Séance de scan de Renzo Piano à l’atelier de Xavier Veilhan

Séance de scan de Jean Nouvel à l’atelier de Xavier Veilhan

Séance de scan de Jean Nouvel à l’atelier de Xavier Veilhan

Sculpture avant peinture des architectes Jean Nouvel et Renzo Piano, dans l’atelier de peinture

Sculpture avant peinture des architectes Jean Nouvel et Renzo Piano, dans l’atelier de peinture

L’homme qui était toujours en orange

Mardi 3 novembre 2009

Avec son associé, ils travaillent dans le Bas-Berry. Ils sont peintres mais fabriquent aussi des vis sans fin pour calibrer les cerises.
Comme ils le disent eux-mêmes, les vis sans fin sont plus rémunérantes, mais beaucoup moins intéressantes que les sphères compliquées de moins de 2 kg du Mobile de Xavier.
Ils m’ont accueillie dans leur usine avec une grande générosité.
Leur café est vraiment très bon et le restaurant du déjeuner particulièrement accueillant.
Vierzon est une jolie ville qui a le mérite d’avoir une campagne encore plus jolie. Une campagne où se situe d’ailleurs une autre entreprise dont je n’oublierai pas de parler un de ces jours.
L’accent du Bas-Berry est… Surprenant.
Il est très joyeux.
Il y a beaucoup de « ben ».
Il est, je crois, inimitable.
Ces deux personnes ont un fort accent vierzonais qui me fait toujours bien rigoler (discrètement tout de même).

J’aime beaucoup prendre le train à 7h du matin pour aller dans leur usine qui sent bon le produit chimique mais faut pas croire, le bio c’est pas non plus la solution (c’est pas moi qui le dis)

A chaque fois que je les ai rencontrés, l’un d’eux était toujours en orange.

Ça m’a intriguée.

J’ai trouvé ça beau.

D’autant que le bleu s’en est mêlé.
Pour un projet passé, ils ont dû peindre en bleu.

Je ne sais pas de quelle couleur sont leurs poumons, mais en tous cas, dans leur usine, même les toiles d’araignées sont bleues maintenant.

Cet homme en orange en train de poser le gel coat d'une des sphères du Mobile

Cet homme en orange en train de poser le gel coat d’une des sphères du Mobile

La pièce secrète qui recèle tous les tee-shirts oranges de l'homme en orange

La pièce secrète qui recèle tous les tee-shirts oranges de l’homme en orange

Une toile d'araignée bleue. Sur fond bleu. De l'usine du Bas-Berry.

Une toile d’araignée bleue.
Sur fond bleu.
De l’usine du Bas-Berry.

Bruce Nauman en réunion

Dimanche 18 octobre 2009

L’autre jour (le 16 septembre dernier), quand je parlais de Bill Viola, en fait je voulais parler de Bruce Nauman.

Bruce Nauman a un but.

Et il s’y tient.

S’il fait une vidéo, il faut savoir que le temps de la performance filmée va durer le temps du temps de la cassette qui va servir à enregistrer cette même performance..

Et aussi, s’il voulait faire une autre performance, par exemple peindre le sol avec son corps, eh bien la performance se pliera aux strictes exigences de la surface du sol.

Tout comme On Kawara : s’il n’a pas finit de peindre sa toile avant minuit du même jour, il la détruit.

Moi c’est pareil.

J’ai suivi la préparation de l’exposition de Xavier Veilhan au Château de Versailles, en me pliant à la stricte organisation des réunions régulières obligées.

Ces réunions ont rythmé mon travail.

Il s’agit de réunions, mais aussi de n’importe quelle finition de maquette à l’atelier ou de tout événement un peu flagrant marquant une bonne raison de faire une photo.

J’ai donc demandé à être tenue informée de chaque déplacement de Xavier à Versailles, de chaque réunion, qu’elle soit là-bas, à l’atelier, chez le producteur ou chez un fabricant.

Je n’ai donc raté aucune étape ponctuelle et ponctuée d’un compte rendu de réunion.

La réunion a été mon fil rouge.

Mon leit motiv.

L’art contemporain en réunion.

Ainsi, le 19 mars Xavier a-t-il dit :

« notre vie est une grande réunion »

Et ce jour-là, il n’était absolument pas question de creuser une tranchée afin que le Jet D’eau puisse un jour fonctionner.

16 janvier 2009, à l'atelier, devant la maquette du Gisant

16 janvier 2009, à l’atelier, devant la maquette du Gisant

Xavier et Mahaut

Renaud, Xavier et Alexis

11 février 2009

Renaud, Xavier et Alexis

A l'atelier

19 mars 2009

A l’atelier

Dans les bureaux de la production

1er avril 2009

Dans les bureaux de la production

Dans les bureaux de la production

1er avril 2009

Dans les bureaux de la production

Xavier, dans les bureaux de la production

2 avril 2009

Xavier, dans les bureaux de la production

Dans les bureaux de Château de Versailles Spectacles

5 mai 2009

Dans les bureaux de Château de Versailles Spectacles

Renaud qui sourit

Xavier, Alexis et Violeta

5 mai 2009

Dans les bureaux de Château de Versailles Spectacles

Xavier, Alexis et Violeta

Tournage du film de la Light Machine

Dimanche 4 octobre 2009

Oui ça fait longtemps que je n’ai pas écrit et j’en demande des excuses.

Je me suis cassée un orteil et ça m’handicape bêtement. Ok je ne me suis pas cassée un doigt mais c’est presque pareil.

En attendant, je propose quelques photos du tournage du film de la Light machine.

En effet, cette œuvre a été prêtée par Chanel. Mais le film qui y est diffusé a été réalisé spécialement pour cette exposition.

Il s’agit d’un parcours allant du Grand Canal jusqu’à l’emplacement de cette Light Machine en passant par les Cent Marches de l’Orangerie.

J’ai trouvé ça incroyable de voir que même lors du tournage, c’était du Veilhan, tout simplement.

Sans passer par un montage, par le traitement des images, juste le fait de voir ce que Xavier filmait, les « costumes » (combinaison de plongée + lunettes de plongée + bonnet de bain) ainsi que l’action (plonger, nager, marcher) eh bien donc c’était du Veilhan.

Voilà.

J’avais l’impression, lors du tournage de plonger dans une toile de l’artiste. C’est-à-dire que la métaphore n’est pas forcément explicite, puisqu’il ne peint pas de toile à proprement parler.

Imaginons une peinture de Ingres, que l’on reconnaît tous très facilement. Bon. Eh bien imaginons que j’étais dans l’atelier de Ingres et que je le regardais peindre un tableau. Et là je me serais sûrement dit, « ah oui c’est bien Ingres ».

Ben voilà.

Là je me suis dit, entre deux effluves enchantées de fleurs d’orangers (de l’Orangerie), sous un magnifique soleil comme il y en a de temps en temps à Versailles, « c’est marrant, on se croirait vraiment dans une toile de Xavier », rien qu’en regardant son modèle, à savoir François, monter et descendre les Cent Marches en combinaison de plongée.

Dessin de Xavier Veilhan

Dessin de Xavier Veilhan

Tournage du film de la Light Machine

Tournage du film de la Light Machine

Tournage du film de la Light Machine

Le Gisant

Mardi 22 septembre 2009

C’est le 3 avril 2009, chez Vincent Germond, que Xavier a choisi le visage de Pierre Huyghe pour figurer la tête du gisant.

Voilà, ce n’est pas grand chose mais j’aime bien cette histoire.

Xavier avait déjà scanné Pierre, un jour où ce dernier portait une minerve.

Et puis, Xavier a voulu rendre un hommage à son ami Pierre Huyghe.

Le Gisant, sans visage

Le Gisant, sans visage.

Photos d’écran/ Images dans l’écran de Vincent Germond ©

Fichier du visage de Pierre Huyghe

Fichier du visage de Pierre Huyghe

Photos d’écran/ Images dans l’écran de Vincent Germond ©

 Incrustation du visage du Gisant

Incrustation du visage du Gisant.

Photos d’écran/ Images dans l’écran de Vincent Germond ©

Le carnet Moleskine®

Mercredi 16 septembre 2009

Je ne suis pas retournée à Versailles depuis dimanche soir.

L’exposition existe maintenant. Elle appartient au public, aux médias, à tout le monde, aux visiteurs, aux curieux, aux amoureux de l’art, du Château, aux badauds et à tous les autres.

Quand le voile est levé, je m’échappe discrètement. Je ne parle pas d’art, je ne polémique pas. Je ne suis pas critique.

Cependant, ce blog va continuer car je vais maintenant raconter les 8 mois précédents tout ceci. Régulièrement, tout de même, j’irai au Château afin de raconter l’histoire que vivent ces œuvres, au jour le jour, quand le public s’y confronte.

On va un peu se replonger, maintenant, au mardi 10 février 2009.

Le carnet Moleskine®

Xavier produit donc toutes les pièces qu’il va exposer au château.

Je ne vais pas parler de Jeff Koons car je n’ai pas envie de parler de Xavier en fonction de Jeff Koons, que je n’appelle pas Jeff parce que je ne le connais pas.

Xavier va produire toutes les œuvres, ce qui signifie que pour l’instant, rien n’existe en dehors de son carnet Moleskine®.

Ah le fameux carnet Moleskine® des plus grands artistes.

On a tous son carnet Moleskine®.

L’autre jour, je faisais une étude dans ma tête en matant la poche arrière d’un jeune homme, dans la rue.

De la poche de son jean sans intérêt dépassait le fameux carnet.

C’est là que mon étude a commencé.

Elle a environ duré dix minutes, peut-être cinq, mais je trouve ici tout à fait pertinent de coucher par écrit le compte-rendu de cette intense réflexion.

Ce garçon au jean Denim, de dos, ressemblait à n’importe quel garçon. Il n’avait pas la basket particulièrement branchée, ni le casque Shoei du motard, ni le casque Momo design du graphiste, ni rien d’autre que le bout de son carnet qui dépassait.

Et le carnet Moleskine® se reconnaît facilement à l’élastique, évidemment.

Je me suis alors dit tellement de choses à ce moment-là d’ailleurs.

J’ai donc tout de suite pensé au carnet de croquis de Xavier.

Ainsi qu’à mon choix définitivement fixé sur le fait que tous mes futurs carnets seront donc exclusivement des Moleskine®.

J’ai donc une furieuse passion pour le carnet.

J’en ai le placard plein.

Mon chéri me demandait encore hier, alors qu’il cherchait les papiers de la voiture dans notre appartement maintenant devenu un monstre rempli de mes livres et de mes carnets si toute cette montagne de carnets étaient remplis (les carnets, pas la montagne).

J’ai les paupières qui transpirent quand je suis chez un marchand de carnets.

Rien que le mot carnet me fait vibrer.

J’ai donc décidé, par respect pour Bill Viola (j’expliquerai un jour, peut-être…) que tous mes carnets seront donc des Moleskine®. À commencer par mon agenda.

Et quand j’ai vu que le carnet de croquis de Xavier était un moleskine®, je me suis dit ahlala.

Le carnet Moleskine

Flashback « visite à la fonderie »

Dimanche 23 août 2009

Voici ma visite à la fonderie, le 21 juillet 2009 :

La fonderie

Ce matin, à la radio, des auditeurs appelaient pour témoigner d’un phénomène étrange que plusieurs ont observés ce matin, très tôt.

Dans le ciel.

Ils s’accordaient tous pour dire qu’ils avaient vu un gros truc orange qui allait dans une direction puis qui a stoppé net et qui a changé aussi radicalement de sens. Et qui a disparu dans une fumée bleue ou verte je ne sais plus trop.

Un monsieur qui pêche en Corse, une dame avec un accent du Sud, ils avaient vu exactement la même chose, au même moment, dans le même ciel. Gros comme deux avions à peu près.

C’est en pensant à la fin du Monde, à l’arrivée des extra-terrestres, à la guerre des Mondes et autres impossibilités de vacances (à cause de la guerre des Mondes trop proche), que je me suis rendue chez le fondeur.

Pour une coulée qui n’a pas eu lieu à l’heure prévue.

Ce n’est pas grave. J’ai photographié un homme en train de démouler une jambe du Gisant.

La sculpture de l’Architecte Claude Parent était posée là, et elle semblait être incarnée.

Le casque du Gisant était posé à côté de la sculpture, en attente.

Quand tout à coup, également, je suis tombée nez à nez avec la tête du Gisant posée sur une table.

J’ai laissé chacun à sa tâche.

Puis je suis partie.

En arrivant chez moi, ni France Info, ni l’AFP ne faisait état de ce truc orange dans le ciel de très tôt ce matin. J’en ai conclu à un canular pour cause des 40 ans du premier homme sur la Lune, qu’on fêtait cette nuit. Je n’ai pas trouvé ça très drôle.

J’ai juste pensé à Youri Gagarine et à l’œuvre de Xavier.

Démoulage de la jambe du Gisant à la fonderie

Démoulage de la jambe du Gisant à la fonderie

Le moulage du visage du Gisant, avant moulage

Le moulage du visage du Gisant, avant moulage

Flashback « la Femme Nue »

Jeudi 13 août 2009

Repérage de « la femme nue », le 12 mars 2009

La Femme Nue :

« Empruntant à ce grand classique de la statuaire et de l’Histoire de l’Art, Xavier Veilhan livre ici une version du nu féminin carrossé de métal rutilant. En jouant sur les ruptures d’échelles – celle du domestique dans le cadre surhumain de la cour, du socle surdimensionné en regard de la taille de la statue – l’artiste explore ses marottes. Le monument est-il forcément monumental ? Ici, comme un nouveau mètre-étalon, la figure féminine régule l’équilibre de la cour. Son échelle dérisoire par rapport à l’affirmation de puissance de l’ensemble architectural fonctionne comme une remise à niveau : la femme, dans sa nudité ingénue, régule l’univers de Versailles. Actuelle, délicate mais immuable et impérieuse. »

© texte de Bénédicte Ramade

Repérage de « la Femme Nue »

La photo a été prise le 11 février 2009 au Château de Versailles sur le futur emplacement de l’œuvre. Xavier Veilhan veut ici figurer la taille de cette Femme Nue et son intégration sur le site.

Présents sur la photo, de gauche à droite : Alexis Bertrand, scénographe et collaborateur artistique ; Laurent Brunner, Directeur, CVS (Château de Versailles Spectacles) ; Xavier Veilhan ; Renaud, producteur de l’exposition ; Laurent Lebon, commissaire de l’exposition


Et quelques mois plus tard…

Détail de la Femme Nue

Détail de La Femme Nue, chez le fondeur, en juin 2009

Flashback

Jeudi 6 août 2009

De temps en temps, je mettrai en ligne un texte écrit souvent quelques mois auparavant.

Un texte écrit le jour où s’est passée l’action. Comme ici, le mercredi 11 février 2009 :

Repérages

Ce matin, j’étais à 9h au château.

Je ne saurai trop raconter ici mon suprême plaisir assez évident de travailler dans des endroits magnifiques.

Je crois qu’à cause du fait que mon école, collège, lycée étaient plutôt laids, je fus très vite assez enjouée à l’idée de me fixer comme but ultime de ne toujours, ensuite, étudier ou travailler exclusivement dans des endroits particuliers.

Je ne ferai donc pas la liste des lieux que j’ai côtoyé, mais je crois que le château de Versailles est quand même par excellence un des lieux les plus… il n’y a pas de mots.

Bref.

Ce matin, on a mesuré les pavés et traversé la Galerie des Glaces.

Sous un soleil à la hauteur du Roi.

J’ai vu le lit de la Reine.

Ce lit, il a vu naître 19 enfants.

Et t’es là, avec tous les japonais et les chinois et les touristes en général qui se pressent devant le lit qui a connu tout ça.

Plus personne qui regarde la finesse de la dentelle des dessous de la statue d’Hugues Capet ou de Mansart.

On a mesuré les pavés pour définir où allait précisément être posé Le Carrosse.

photo-xavier-veilhan-a-versailles-03


Beaucoup d’intervenants travaillent sur cette exposition.

Présents sur la photo, de dos, de gauche à droite :

Catherine, CVS (Château de Versailles Spectacles) ; Renaud, producteur de l’exposition ; Yves, designer ; Alexis Bertrand, scénographe et collaborateur artistique ; Tamara, directrice de production ; Elodie, CVS (Château de Versailles Spectacles)